Le pleur du Calame

14 août 2013

Oh! Ce mal lancinant


Le corps tordu sous le joug d'un funeste lumbago, suis...

Ce mal lancinant


Oh!  Ce mal lancinant qui me courbe le corps,
L’espace d’un instant, de la vie révèle
Les mirages du temps, l’ombre de l’asphodèle,
En mon cœur frémissant, un seul cri : pas encor !

L’heure n’est point venue, il faut vivre d’abord,
Que soit l’œuvre accompli, que vie ruisselle,
La splendeur des âges sur terre m’ensorcelle,
Et l’amant qui m’attend sur le môle d’un port.

Pour vêtement ai pris du vieux chêne l’écorce,
Mon corps bien endurci, contre le vent se force,
Il craque, je frémis, voici l’ultime assaut.

Désormais je plie, là où le vent m’entraîne,
Pour vêtement ai pris du roseau le trousseau,
Tout réjoui, mon corps sans peine se promène.

(Sonnet)

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Echo


Au cœur de la nuit, se recroqueville la fatigue autour du corps.  Ne pénètre pas en l’intime.  L’écriture attend.  Sur la page blanche, elle attend que se posent les mots.  Quels qu’ils soient.  Communs ou novateurs.  L’importance réside dans l’acte d’écrire.  Comme un essentiel qui échappe à notre entendement.  Un lieu où réside une présence.  P majuscule ou minuscule, je ne peux décider.  Seulement, qu’elle se perçoit en cette nouure de l’encre et du papier.  Lorsque les mots se créent.  Des mots que l’on connait.  Mais déjà, ils sont autres.  Le Sens nous devance…

« Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux. Un moment nous serons l’équipage de cette flotte composée d’unités rétives, et le temps d’un grain, son amiral. Puis le large la reprendra, nous laissant à nos torrents limoneux et à nos barbelés givrés »  René Char

 

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13 août 2013

Rock n'roll Suicide

 

Rock n'roll Suicide


Rien ne subsiste que la pluie des cendres, volutes noires d'un soir étrange,

Orages et tempêtes sur l'océan de ma vie, Ah!  Quelles sombres vendanges!
Crime-moi mon amour, sous tes mots couteaux je défaille,
Kafkaïens climats d'un amour fou qui nous déraille,

Narcissique miroir sans reflet, il ciel la solitude, et l'éros s'est pendu.

Roulent, tourneboulent les mots inféconds quand soufflent les vents mauvais
Ourdissant de sombres desseins en nos déchirures, quand germe le sénévé
Lourd de mille colères à mourir l'amour vide de nous,
Lieu d'extinction de nos rêves, à la marée haute, je, vous...

Suivre à pas de soi, le fil de soie à la vie à la mort, funeste funambule,
Urgence décrétée à l'issue rouge de mes envies, je canicule,
Inverse catharsis qui m'inonde de ses vagues létales,
Ciel gothique qui danse sa sarabande à ma voussure nasale,
Infini mélange de voies lactées en trous noirs ocellées,
Dis-moi adieu l'ami car demain à la roide tombée,
En l'ultime lieu, gisera mon corps, mon néant explosé...


en écoutant Rock n'roll suicide ( David Bowie)
(2006)


image: www.quirkyscience.com

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12 août 2013

Le Quatrième jour


La page blanche m’éclate au visage comme un coup d’insolence.  Elle me renvoie à ce vide qui me vrille l’angoisse au creux du ventre.  Cette page qui me hurle mille mots que je ne peux entendre.

Une blanche perfection que je n’ose raturer de mes mots malhabiles.  Comme une salissure de l’innocence.  Comme un refus d’accoucher les mots dans une peau humaine.  L’essentiel en serait tout obscurci.  Le sens dévoyé.  Enfermé dans la langue de sil, le verbe, les ailes repliées, connaîtra la morsure de l’exil…

au quadrant de l'ineffable
j'écris des mots
et le sens m'en échappe

comme une vague
dans la nuit se fend
jusqu'à la blanche déchirure.

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09 août 2013

L'Estran

 

nymphea

 

Langue de sel flammée d'or et d'argent,

Entre le flot et le jusant, surgit une vie,
Semailles d'infinitude en terre inassouvie,
Tissure étoilée de nos rêves en partance,
Rien ne m'émeut davantage que cette jouvence,
Altérité qui me relie au monde originel,
Nymphée du Verbe serti dans le réel.


 

image:http://www.alittlemarket.com

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07 août 2013

Le Troisième Jour


Souviens-toi du premier geste d’écriture...

Je ne peux.  Ma mémoire s’érode sous l’assaut des vagues temporelles.  Je ne vois que des traces fantômes…  Peut-être le doigt de l’enfant qui creuse le sable, dessine une arabesque, une courbe qui  mène au cœur du silence.  Alors tout se tait.  Et l’oreille se tend.  Scrute l’espace.  Et l’œil s’accroche aux reflets du noir.  Cette béance à l’intérieur de soi.  Immobile silence.  C’est maintenant  que s’élève le chant de l’univers.  Et j’en fais partie.  Comme une note noire griffée sur la partition d’une symphonie en fa dièse.

Mes rêves sur l’estran, enfouissant leur empreinte,
la mer les emportait au creux de ses yeux pers,
là-bas, à l’horizon, vers un étrange aber,
bleu camaïeu glissant sous une verte étreinte.

Les vagues en retour, bruissant un air de quinte,
déposaient sur la peau d’une plage au grain clair,
le corps d’un goémon aux feuilles en bois de cerf,
lumineux en ses noirs comme une coloquinte.

 

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06 août 2013

Voyage

 

Voyage



Vers quels rivages de l'intime
Obliques-tu mes pas, Ô doux Calame?
Y a-t-il un rêve à saisir,
A vivre à coeur ouvert,
Goulée d'âme sur la langue en désir?
Emmène-moi hors de l'hiver...



image: www.tumblr.com

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Le Deuxième Jour


Laisse-toi aller.  Ouvre-toi au souffle du verbe.  Déleste-toi de tes peurs.   De cette honte qui enferme  le calame dans l’immobilisme.  Ecris.  N’importe quoi.  Bon ou mauvais, qu’importe.  Laisse-toi emporter par les vents millénaires.  Deviens ta propre légende…

Le geste d’écriture, c’est un cri de liberté.  La part de l’intime qui se meut au profond de l’être.  Qui fait  ma singularité.  Ma note de vie.

C'est un geste d’amour qui unit le calame et l’écrivant.  Comme les doigts en quête de mots, caressent le blond roseau jusqu’au surgissement d’un pleur du calame.

 

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02 août 2013

Canicule

 

canicule



Chaleur sèche qui recroqueville le feuillage et la peau,

A l’horizon, nul nuage pour voiler l’oeil flamboyant,
Nul espoir d’un proche orage qui dégorge son eau,
Inflexible demeure l’été, torride à chaque instant,
Coulée de feu sur la nuque des hommes et des bêtes
Unis dans une même détresse, le corps en défaite,
Lèche-pierre blanchissant la ville à cœur, si fort qu’elle
En oublie ses chaotiques vocalises, qu’elle en devient presque belle…

image: Oliviers sous le soleil (Van Gogh)

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Le Premier Jour

Ecrire les premières lignes d’un blog n’est pas toujours facile.  Il faut oser se lancer à l’eau sans trop se poser de questions.  Je ne sais pas nager…  Juste me tenir sur le flot de l’eau, raide comme une planche.  Vous me direz que c’est déjà un pas.  Comme pianoter sur le clavier pour dénouer le point d’angoisse au creux du ventre.

Ecrire, c’est retrouver le geste d’écriture perdu dans une longue absence.  Dénicher le calame dans un coin poussiéreux à côté des feuilles de dessin, les feuilles de soie et les tendres pastel.  Relégués eux aussi dans l’oubli.  Je me suis absentée de ma muse.  Je suis devenue sérieuse.  Une femme rangée.  Une femme responsable.  Dixit ma mère…

Et me voici la tête contre le mur !  Là où j’en viens à regarder le geste d’écriture, à plonger mes yeux dans ses méandres. Je me voile la face.  Je me détourne. Incapable d’intégrer cette vérité première : j’aime écrire…
 

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