La page blanche m’éclate au visage comme un coup d’insolence.  Elle me renvoie à ce vide qui me vrille l’angoisse au creux du ventre.  Cette page qui me hurle mille mots que je ne peux entendre.

Une blanche perfection que je n’ose raturer de mes mots malhabiles.  Comme une salissure de l’innocence.  Comme un refus d’accoucher les mots dans une peau humaine.  L’essentiel en serait tout obscurci.  Le sens dévoyé.  Enfermé dans la langue de sil, le verbe, les ailes repliées, connaîtra la morsure de l’exil…

au quadrant de l'ineffable
j'écris des mots
et le sens m'en échappe

comme une vague
dans la nuit se fend
jusqu'à la blanche déchirure.